PV 2020 : Non à un paquet antisocial !

dimanche 27 août 2017
par  SF

Prévoyance vieillesse 2020 (PV 2020) est une régression sociale puisqu’elle augmente l’âge de la retraite et baisse le taux de conversion. Deux mesures que nous avions combattues avec succès en 2004 et 2010. Bien qu’enrobées dans un paquet, ces deux mesures restent inacceptables. C’est pourquoi nous appelons à voter NON le 24 septembre prochain.

Stratégie de la peur

PV 2020 n’est pas un projet syndical ou de gauche. Lesdites compensations ne font pas le poids. Personne n’est dupe. La seule manière qu’a le camp du « oui » de justifier la réforme, c’est de gonfler les problèmes de l’AVS et d’adopter le refrain de la catastrophe à venir, cher à la droite. À l’image d’Alain Berset, qui avertit les jeunes par des mots qui ne sont autre que du chantage (24 heures, 9 août 2017). Or, il y a une année à peine, le PSS, l’USS et l’ensemble de la gauche réfutaient le catastrophisme de la droite, qui répète depuis vingt ans que l’AVS est au bord de la faillite alors que ses comptes 2016 ont clôturé dans les chiffres noirs et que son capital se monte à plus de 44 milliards de francs.

65 c’est non, 67 ce sera non !

Accepter aujourd’hui l’augmentation de l’âge de la retraite des femmes, c’est ouvrir la voie aux 67 ans pour toutes et tous. La droite ne s’en cache pas. Au contraire, elle met le turbo. Jamais le débat sur les 67 ans n’a été aussi intense que depuis que le Parlement fédéral a accepté les 65 ans pour les femmes. Prétendre que l’acceptation de PV 2020 stopperait la volonté de la droite d’imposer une hausse généralisée à 67 ans est un mensonge. Nous n’avons jamais vu les syndicats et la gauche gagner un combat en reculant. Or accepter une réforme qui impose à la moitié de la population de travailler une année de plus, c’est un recul qui ne peut en aucun cas renforcer notre position. De plus, PV 2020 contient d’autres mesures qui visent à imposer aux salarié-e-s de travailler plus longtemps : l’âge minimal donnant droit à la retraite dans le 2e pilier est porté à 62 ans – avec des possibilités pour les caisses de pension de le maintenir à 60 ans –, contre 58 ans aujourd’hui ; l’âge terme devient un âge de référence, rendant plus flou le moment du passage de la vie active à la pension.

Hausse de l’âge de la retraite

Les femmes n’ont pas à se sacrifier pour sauver le paquet de « réformes » des retraites. Il n’y a aucune raison qu’elles travaillent une année de plus. Cette mesure est encore plus scandaleuse lorsqu’on pense qu’en Suisse, 550 000 personnes sont au chômage ou en sous-emploi. Sans compter que retrouver un emploi après 50 ans, c’est le parcours du combattant. Aussi, plus de vingt ans après l’introduction de la Loi sur l’égalité, les femmes gagnent en moyenne toujours 18% de moins que les hommes. Les secteurs et métiers qui emploient une majorité de femmes – les soins, les services, l’accueil de l’enfance, etc. – restent sous-valorisés. Le temps partiel amplifie encore ces inégalités. Arrivées à la retraite, les femmes touchent des rentes inférieures. L’écart se creuse à cause du 2e pilier, qui ne connaît ni bonus éducatif, ni splitting. Au final, dans le 2e pilier, les rentes des femmes sont de 63% inférieures à celles des hommes. PV 2020 ne parviendra pas à combler cet immense écart ! Et le bonus de 70 francs ne compense même pas l’année supplémentaire de travail imposé aux femmes.

La réduction partielle du montant de coordination dans le 2e pilier est un emplâtre sur une jambe de bois. Car c’est tout le système du 2e pilier qui pose problème. Les femmes devront payer beaucoup plus de cotisations, mais personne ne peut sérieusement leur dire combien elles toucheront dans 15 ou 20 ans. Car ce que nous constatons partout, c’est que les rentes du 2e pilier sont revues à la baisse !

Baisse du taux de conversion

Cette diminution de 6,8 à 6% induit une baisse des rentes de 12%. Pour tenter d’en limiter les effets, PV 2020 impose aux salarié-e-s de payer davantage de cotisations. Le système continue ainsi de gonfler : fin 2015, les caisses de pensions et assurances géraient un capital de plus de 1000 milliards de francs, dont 116 milliards de réserves entre leurs mains (Saldo, 1er mars 2017) ! Si nos rentes vont mal, leurs affaires se portent bien. PV 2020 préserve ce système inique au lieu de véritablement renforcer l’AVS.

Non à la division

Même si le bonus de 70 francs est modeste, jamais, dans l’histoire de l’AVS, il n’y a eu des montants de rentes différents. Alors que le niveau des rentes est aujourd’hui insuffisant et que nombre de personnes âgées ont de la peine à nouer les deux bouts, PV 2020 n’apporterait pas un sou aux retraité-e-s actuel-le-s – près de 2,3 millions de personnes. Au contraire : avec la hausse de la TVA, leur pouvoir d’achat diminuerait ! Pour toutes ces raisons, nous vous invitons à voter deux fois NON le 24 septembre prochain.

Albert Anor, président SSP Genève

Vanessa Monney, secrétaire SSP Vaud

Gaétan Zurkienden, secrétaire SSP Fribourg


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