Bloquons les attaques contre la CPEG !

vendredi 17 février 2017
par  SF

Le Conseil d’Etat mène une intense propagande visant à justifier une baisse des prestations de retraites. Les syndicats soutiennent une solution alternative.

La Caisse de pensions de l’Etat de Genève (CPEG) est bien gérée. Depuis sa création, elle enregistre chaque année des ex-cédents d’environ 500 millions de francs. Cela suffit largement pour payer les pensions des retraités. En 2016, la perfor-mance de la CPEG a été de 5,5%.
Or, le Conseil d’Etat est en train d’imposer sa volonté, profitant du fait qu’il détient – pour l’instant – la majorité au sein du comité de la caisse. Se basant sur la recommandation des actuaires, la majorité du comité de la CPEG a décidé de faire passer le taux technique de 3% à 2,5%. Ce taux technique sert à calculer les engagements futurs de la caisse. Pour com-penser cette baisse, d’importantes mesures structurelles sont prévues. La première est l’élévation de l’âge pivot (l’âge à partir duquel on peut prendre sa retraite sans réduction des prestations) à 65 ans au lieu de 64. Il s’agit pour l’instant d’une décision du principe du comité, qui prendra une décision formelle en juin 2017.
Le Conseil d’Etat et ses soutiens politiques au Grand Conseil orchestrent une campagne de dénigrement contre la CPEG, qui a donné lieu à des dizaines d’articles et d’émissions télévisées contre la caisse. Après avoir imposé une dégradation artificielle des comptes, le Conseil d’Etat prépare l’opinion publique à des baisses de prestations massives.

PANAMA CPEG. Le nouveau président de la CPEG débarque alors qu’il n’est pas même employé de l’Etat – pourtant, il s’agit d’un mandat payé par le contribuable ! Les honoraires qui lui sont versés par le Conseil d’Etat, contrairement aux jetons de présence, n’ont pas été rendus publics. Quand on connait les montants habituellement facturés par les avocats d’affaires, il est facile d’imaginer la somme faramineuse que ses services nous coûteront ! Sans compter que ce nouveau président apparaît dans le dossier des Panama papers ! Selon le journal Le Courrier, « M. Alves de Souza a été le représen-tant de Becogastel Holding Ltd, une société basée aux îles Vierges et dissoute en 2011. »
Pas de quoi émouvoir le Conseil d’Etat. Ce dernier prétend qu’il ignorait son inscription dans le registre des Panama pa-pers, mais affirme garder toute sa confiance en M. Alves de Souza, « dans la mesure où ses compétences, sa réputation et sa probité sont avérées sur la place de Genève, et ce depuis des décennies ».
Pour notre part, nous estimons que ces montages financiers, pour légaux qu’ils soient, relèvent d’une volonté « d’optimisation fiscale ». Ils contreviennent ainsi à l’article 13 du règlement de la CPEG, qui exige que les membres du co-mité de la caisse « jouissent d’une bonne réputation, offrent toutes les garanties d’une activité irréprochable et se confor-ment à la charte de l’Association suisse des institutions de prévoyance ». Cette controverse n’est pas encore réglée…

LE VRAI PROBLÈME DE LA CPEG. La CPEG va bien. Elle enregistre environ 500 millions de francs d’excédents par année. Mais la loi fédérale, voulue par le patronat ainsi que le lobby des banques et des assurances, impose une capitalisation exagérée. Il en découle un défaut de découverture, que la droite voudrait aujourd’hui faire payer aux assurés. C’est non seulement injuste, mais mathématiquement impossible. Car la dotation initiale de la CPEG, en 2012, était nettement insuffisante. Et le contexte des pertes boursières aggrave la situation de la caisse.
Dominé par la droite pendant la quasi-totalité des quatre-vingt dernières années, le Conseil d’Etat refuse de reconnaître ses obligations et choisit de démanteler un maximum les prestations aux assurés, à la va-vite, en éludant sa responsabilité d’employeur.
Notre syndicat soutient au contraire la proposition de l’ASLOCA (lire ci-contre), qui permettrait de maintenir les prestations actuelles. Parallèlement à cette initiative parlementaire, le SSP soutient la pétition du Cartel intersyndical « pour le maintien des prestations CPEG » (http://www.sspge.ch/spip.php?article1174). Cette pétition unitaire doit être signée massivement pour montrer au gouvernement notre opposition à sa politique de destruction des retraites des fonctionnaires – à l’exception notable de celles des conseillers d’Etat !

Albert Anor, président SSP Région Genève

Contexte

UNE ALTERNATIVE A PORTEE DE MAIN

Avec le concours de l’ASLOCA et de l’Association pour la permanence de défense des patients et des assurés (APAS), un projet de loi a été déposé au Grand Conseil par des députés de l’Alternative (Ecologistes, Ensemble à gauche et PS).
Ce projet demande que l’Etat intervienne dans l’assainissement de la caisse de pension et que les millions (au bas mot, 1,4 milliard) qu’il devra verser servent directement à la construction de logements locatifs répondant aux besoins de la popu-lation.
Ce projet contribue aussi à combattre les faux arguments que le Conseil d’Etat avance dans le but de réduire drastique-ment les prestations de retraite du personnel de l’Etat.
La capitalisation de la CPEG ne contribuerait ainsi pas à alimenter le jeu de Monopoly de la spéculation des marchés finan-ciers, mais serait une contribution concrète à la lutte contre la pénurie de logements. L’intérêt des salariés de la fonction publique rejoint ainsi celui des de l’ensemble des salariés du canton.
Les logements sont âprement convoités par les investisseurs, qui, une fois bailleurs, usent de pratiques injustes telles que les congés économiques, pour relouer plus cher, ou les baux à durée déterminée, pour soutirer des locataires un maxi-mum de rendement.
Beaucoup de caisses de pension, en particulier la CPEG, font en revanche preuve de modération envers leurs locataires. Il est donc préférable pour ces derniers de l’avoir comme bailleur, plutôt qu’une société immobilière avide de dividendes !

Article paru dans Services Publics du 17 février 2017


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